La dictée noire des Quais du Polar

La dictée noire des Quais du Polar

768 369 Nellie Tournaud

Vous n’étiez pas à Lyon le week-end dernier ? Quel dommage ! Vous avez non seulement raté la crème des auteurs de polars venus du monde entier faire découvrir et célébrer le genre, mais aussi la Dictée noire ! Rassurez-vous, Corévi a arpenté les quais et vous dit tout sur cette fameuse dictée noire, proposée en collaboration avec l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (l’ANLC). Mais d’abord un petit rappel sur l’illettrisme en France.

Qu’est-ce que l’illettrisme ?

L’illettrisme désigne la situation de personnes qui ont bénéficié d’apprentissages, mais qui n’ont pas acquis – ou qui ont perdu – la maîtrise de la lecture et de l’écriture. En raison d’apprentissages trop fragiles notamment. Ces personnes ne possèdent pas les compétences de base pour être autonomes dans des situations simples de la vie courante. Elles sont donc particulièrement exposées au risque d’exclusion sociale.

Il s’agit d’un phénomène tabou et totalement invisible. Pourtant 2,5 millions de personnes se trouvent en situation d’illettrisme en France. Soit 7 % des personnes ayant été scolarisées en France et âgées de 18 à 65 ans (source : Insee, enquête 2012 « Information et vie quotidienne »).

Bon à savoir : ne pas confondre avec l’analphabétisme, qui est la situation d’une personne qui ne sait ni lire ni écrire.

Pourquoi une dictée aux Quais du Polar ?

Devenue incontournable pour les amoureux de la langue « polar », la dictée noire est présentée en collaboration avec l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme. Placée sous le signe de la bonne humeur, elle est proposée aux jeunes et aux adultes. Son but est de sensibiliser le grand public aux problèmes de l’illettrisme.

Deux dictées sont proposées, la dictée jeunesse et la dictée noire. Drôles et décalées, ces dictées-rencontres sont animées par des artistes de talent. Leur objectif : le plaisir des mots et la mise en valeur de la langue française.

La dictée jeunesse

Elle est réservée aux élèves de CM1 à la 5e, et bien entendu adaptée à leur jeune âge. Cette année, elle a été l’occasion pour les élèves de rencontrer Romain Slocombe (écrivain, réalisateur, traducteur, illustrateur, auteur de bandes dessinées et photographe français). Elle ne concerne que les groupes scolaires et une réservation doit être effectuée en amont.

La dictée noire

Ouverte à tout public, dans la limite des places disponibles, elle a été cette année lue et commentée par Philippe Torreton (pensionnaire de la Comédie-Française, acteur et auteur, amoureux du théâtre et des mots). Avec patience et humour, dans le rire et la bonne humeur !

Phrase de bienvenue : « Vous étiez 1 200 selon les organisateurs, 18 selon la police ! »… ou encore, pour présenter les personnalités présentes : « Sur cette magnifique estrade, vous aurez un auteur mort, un Césarisé, un Molièrisé, un président d’association, et en bonus un Maire et un obèse barbu belge… ».

Le texte de la dictée noire 2018

Cette année, le texte était issu du roman Les orpailleurs (Série noire no 2313, 1993, Prix des lecteurs des CE de Saint-Nazaire, Prix Mystère de la Critique, Trophée 813 du meilleur roman, Prix Polar Michel Lebrun) de Thierry Jonquet (1954-2009).

Ce texte ne comportait aucun piège grammatical ni d’orthographe, mais pour le plaisir des mots, je vous le livre ci-après… (il s’agit de la page 38 de l’édition Folio policier) :

« […] Il inspecta la vingt-six, la vingt-sept, la rangée complète, jusqu’à la trente-cinq, prit l’escalier en colimaçon qui menait aux cellules du premier étage, arpenta le chemin de ronde, tout comme il l’avait fait au rez-de-chaussée, et redescendit du même pas pesant à l’autre extrémité de la coursive. Il revint en sens inverse jusqu’à la cage de verre où somnolait le brigadier de garde. Il toqua à la vitre et lui signala qu’il n’y avait rien à signaler. Le brigadier consigna ses dires dans le cahier prévu à cet effet. Il fallait faire attention : en janvier, un mineur incarcéré à la vingt-deux s’était pendu avec ses chaussettes, nouées autour d’un montant du châlit. Puis l’homme à la blouse bleue rejoignit ses collègues dans la salle de fouille. Les accros du turf s’étaient rassemblés autour de quelques journaux étalés sur le comptoir graisseux maculé de taches d’encre, et échangeaient des commentaires avisés sur les cotes de leurs favoris. »

 

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